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Actualité économique

Restructurer un secteur bancaire atomisé pour accroître sa compétitivité (IDEES)

21/11/2011 11:50
Les banques tunisiennes vont devoir imaginer des solutions adéquates, permettant d'alléger les contraintes qui pèsent lourdement sur les acteurs, notamment, au niveau des régions (entrepreneurs, consommateurs, chômeurs…).

Les banques tunisiennes vont devoir imaginer des solutions adéquates, permettant d'alléger les contraintes qui pèsent lourdement sur les acteurs, notamment, au niveau des régions (entrepreneurs, consommateurs, chômeurs…).

Le secteur bancaire tunisien occupe, en effet, une place non négligeable dans l'économie du pays. De sa modernisation dépend le redémarrage de l'activité économique et le désenclavement urgent de ses régions. Les services financiers contribuent à environ 3 pc PIB. La masse salariale du secteur s'élève à plus de 400 millions de dinars (3,6 pc de la masse salariale totale) avec 18 mille emplois directs.

M. Dhafer Saidane, enseignant à "Skema Business School" à Lille (France) et expert auprès des Nations Unis, a établi un diagnostic du système bancaire en Tunisie et présenté des propositions pour sa restructuration, dans une note de synthèse, élaborée dans le cadre de l'initiative "IDEES", émanant d'un groupe d'experts et d'économistes tunisiens.

L'expert a fait ressortir, de prime abord, quatre constats, à savoir primo, "la nécessité pour le système financier tunisien de sortir de sa torpeur, après vingt années de blocage, étant donné qu'il souffre d'un environnement anti-économique pesant". Secondo, "le système bancaire tunisien est fortement atomisé et éclaté entre 4 grandes banques gérant 51 pc des actifs du secteur et 11 petites banques partageant les 15 pc restant du total actif".

Selon lui "les restructurations s'imposent face à un tissu bancaire fragmenté et dépassé par les exigences prudentielles imposées par la mondialisation". Tertio, "les banques tunisiennes n'ont aujourd'hui, aucune chance d'être compétitives à l'échelle tant nationale qu'internationale".

Quarto, "le système bancaire tunisien est confronté à un obstacle majeur pour réaliser des fusions réussies, du fait que les plus grandes banques privées en Tunisie revêtent une structure familiale, telles que la BIAT et Amen Bank".

Mieux répondre aux exigences de la mondialisation

Après ce diagnostic, l'expert a présenté 10 propositions pour mieux répondre aux exigences de la mondialisation. Il a recommandé de rattraper les standards internationaux notamment, dans la perspective de la convertibilité totale du dinar, par l'instauration d'une meilleure gouvernance bancaire (assainissement et restructuration) et l'amélioration de l'analyse du risque.

Les restructurations devraient, d'après lui, se traduire par un désengagement progressif et prudent de l'Etat, un accès mesuré et contrôlé des banques étrangères au marché local et l'ouverture du capital des banques familiales, tout en veillant à respecter un équilibre entre les 24 gouvernorats de la république.

L'objectif de la restructuration du système financier et bancaire, est de lui permettre d'acquérir une meilleure efficience et d'une taille critique et partant une réelle compétitivité, a précisé M. Saidane.

L'assainissement du système bancaire doit le rendre apte à jouer un rôle de moteur de la croissance au niveau régional. "Ce rôle social des banques tunisiennes devra se traduire par la création de Banques régionales de financement, lesquelles s'appuieront sur le Réseau National composé de 30 Pépinières d'Entreprises. Ces BRF s'appuieraient sur la Caisse de dépôts et consignations qui canalisera des ressources de long terme (Ressources d'épargne, dépôts, consignations….)".

Il a, également, suggéré la fusion des deux banques la STB et la BH, pour la mise en place d'un "champion bancaire national".

L'indispensable intégration financière maghrébine

Pour l'expert, "les bénéfices de l'intégration du secteur bancaire maghrébin ne sont plus à démontrer. L'intégration financière maghrébine est une mesure indispensable au bon climat des affaires et à une dynamique entrepreneuriale trans-maghrébine". Il importe de mettre en place rapidement, "une structure de gouvernance collective pour assurer l'ingénierie financière en matière d'IDE".

L'universitaire a, en conclusion, lancé une mise en garde "l'économie tunisienne a plus besoin aujourd'hui d'un modèle économique fondé sur des banques solides et entreprenantes que d'un marché financier soumis aux soubresauts internationaux et source de volatilité des taux".

TAP
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